ÉDITORIAL — NOVEMBRE 2009MAIS OÙ EST ALICE ? — Saint-Gall
Sophia Bulliard, 9 novembre 2009Avec sa carrière en dents de scie, son look d’Halloween et son has-been-ité au long cours, Alice Cooper a tout pour nous plaire. J’ai surtout connu un de ses sosies, dont l’intérieur était un véritable temple à son idole: bottes sous verre, affiches des années 70 aux murs, piles de vinyles du même album, tout était là. Il s’était même fait faire une perruque sur mesure, longs épis noirs avec quelques mèches grises, parfaite réplique de la chevelure de la rock star sur ses cinquante, la vie en moins.
Sans rire, Alice nous manque; où sont passés les freaks en tous genres qui vivaient encore dans les villes européennes il y a 15 ou 20 ans? Où sont passés les punks, métaleux, gothiques, circus, roots, ska et autres beatniks? Aujourd'hui, tous en noir chic, bleu policier, gris pluie et brun foncé. Il paraît de bon ton de passer pour ordinaire.
Dans le look ordinaire, il y a différents sous-groupes ou tendances : geek, détective, street wear, sport, post-hippie, vintage, montagne, chantier, etc. Mais il semble que tous se fringuent chez H & M, puisque "leurs blousons cloûtés ont fini chez Cardin"*.
Ou alors, est-ce le signe qu'on cultive l'intérieur?
* Bernard Lavilliers
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